mercredi 28 mars 2007

Et Dieu créa la Terre

Il ne savait pas alors ce qu’il allait en faire. Cette idée lui était venue en ne voyant devant lui que néant et il s’ennuyait ferme. Chez les êtres de chair, s’ennuyer veut dire qu’on est prêt à faire n’importe quoi pour trouver un peu d’irisation dans un site plein de grisaille. mais chez les Dieux qui s’ennuient, il n’existe aucun remède et ils tombent rapidement dans une profonde mélancolie lorsqu’ils en sont atteints. Dieu reprit en main cette petite boule qui venait de tomber à ses pieds. Il la trouva terne et pour l’enjoliver ce mit à tracer sur toute sa rotondité, ce qui serait des terres, des mers et laissa la suite de ses travaux en suspens jusqu’au lendemain. Après une bonne nuit de sommeil, il repris son ébauche de mappemonde entre ses doigts et l’idée jaillit: il allait la meubler avec ces petits pantins avec lesquels il jouait en les faisant virevolter au gré de leur ficelle. Petits enfants, on vous dira autre chose à l’école et au catéchisme concernant la genèse du Monde mais, croyez-moi : je me suis documentée et la seule version crédible, c’est la mienne.
Depuis lors, bien des choses se sont produites, qu’il serait trop long de vous remémorer. Je commencerai mes élucubrations à partir de cette année 2007 car tout ce qui s’est produit naguère n’a aucune importance puisqu’on ne parlait pas encore de Madame Ségolène Royale, la « gazelle » pour les intimes, dont j’ai l’honneur de faire partie. Cette femme planera sur cette ère comme le furent autrefois, les Pharaons et sera la gloire du parti socialiste en grignotant sa place point par point, comme une épargnante petite souris. Par contre, son compagnon, Monsieur Hollande, que je vous ai déjà présenté, se cache la figure dans ses mains car des vilains/méchants , l’accusent de mentir. Il faut dire que depuis l’affaire Dreyfus, on ne cesse pas d’accuser.
« Fichtre! Ça piaille dans le poulailler ». C’est ce que vient de me dire, dès son entrée, et avec son élégance coutumière, Madame Pipelette: « Vous avez vu toutes ces têtes de pipe qui se présentent aux Présidentielles? Heureusement, on arrivera peut-être pas à la douzaine si on annule Monsieur Bové, qui, pour moi, est un illustre inconnu. De toutes façons, je ne voterai pas pour lui. Il ne m’est pas sympathique. Ségo a le sourire. Après son passage à Nice, il y a de quoi.. Madame Buffet aussi, est toute gracieuse. Sans doute, elle a des réserves dans son ... bahut.. Madame Laguiller a un air dubitatif assez énigmatique. Du côté Messieurs, je trouve que sur une récente photographie de « Nice-Matin », Monsieur François Bayrou présente une certaine ressemblance avec Monsieur Sarkozy, tandis qu’à côté de ce dernier, Monsieur Le Pen paraît avoir des difficultés à y voir derrière ses lunettes. Le pauvre devrait changer ses verres. Bah! Après les présidentielles, tout ce petit monde pourra enfin se reposer, l’un d’eux, sur ses lauriers, les autres ruminant leur vengeance. La seule et unique qui meublera les Annales de notre siècle, c’est, n’en doutez plus, notre Ségo. Je me demande comment les chansonniers n’ont pas encore « pondu » un hymne à sa gloire. « Elle court à perdre haleine, la gazelle, la Ségo- la Ségo-Ségolène . et partout, elle est populaire, la Ségo, la Ségo-Ségolène. » Avouez que çà a du chien. et le succès serait assuré, roucoulé par Sardou. Plus on parlera d’elle et plus elle sera aux anges. Et si parfois, on respecte une minute de silence, elle prendra la suite car elle a une excellente opinion d’elle-même. Ce n’est pas méchant et demeure du pur français, à l’inverse d’un vocable qu’elle est en train de rénover. Avec notre chant patriotique de « la Marseillaise » revue pour un meilleur entendement des nouveaux-nés, ce sera là le plus important label de qualité que l’an 2007 aura offert aux Français. Les pauvres ne savent pas faire grand-chose, sauf chausser leurs godillots trop lourds dans le sac au moment des déclarations des guerres. Il ne faut pas leur demander en outre d’avoir l’amour des belles Lettres et autre chose que des pois chiches dans leur caboche.
Et pourtant, Français, Françaises, mes très chers frères et soeurs, comme malgré tout, je vous aime!!!...

mardi 27 mars 2007

La malheureuse Diana

En janvier, dix ans après sa mort, on vient troubler son repos éternel avec la reprise de l’enquête sur sa disparition. La conclusion ne plaît pas à Madame Pipelette: « Cette fois-ci, ça y est: on ne parlera plus de cause violente, inexpliquée. Les choses ont bien été mises au point, et définitivement: la princesse est bien morte accidentellement. Pourtant, vous vous voulez que je vous dise, ma brave dame? n’empêche que le doute continuera à persister. Nous en avons eu la preuve lorsque notre princesse Grâce connut le même sort. Vous me direz qu’il faut bien que les médias gagnent leur pitance serait-ce même en les travestissant légèrement la vérité, et c’est la rançon à payer par ceux qui tiennent le haut du pavé, et la Une des journaux »
En janvier, je vous parlais également du prince Laurent de Belgique, auquel on offrait le titre peu enviable de « fils maudit » sur notre Nice-Matin. Cet homme à l’air jovial, paraît des plus sympathiques, ce qui fait penser qu’il n’a pas à se plaindre pour acheter l’huile de ses frites, et la staout, pour les faire glisser.
Il porte actuellement et fort allègrement, ses 43 ans, et ne semble pas trop souffrir, de devoir attendre des années, avant de posséder une escarcelle confortable. Bonne chance, mon prince!
Trois jours après, notre quotidien soulevait le scandale de ce milliardaire russe, qui offrait (peut-être!!!) des prostituées, à ses invités. Bien sûr, ce ne serait pas joli-joli.
Toutefois, trois jours auparavant, on nous annonçait qu’en Irak, les enfants jouaient à se pendre comme Saddam, ce qui serait très inquiétant car, s’il en reste quelques-uns qui ont raté leur coup, comment vont-ils pouvoir bien mener la barque irakienne sans qu’elle aille s’échouer en pleine mer?
Ah! Qu’il était beau, ce hier en comparaison de notre aujourd’hui! Et pourtant, nostalgie du passé, facilité des transports, nous voyons réapparaître en ce début de siècle, le tramway, en pleine place Masséna. Au moment de cette résurrection, je ferme les yeux et je me vois toute petite, tenant la main de ma marraine, grimpant sur celui qui nous conduirait jusqu’aux Chartreux, lieu de mon école. L’intérieur étant bonde, nous étions serrés comme des anchois dans leur boîte sur la plate-forme. Le mistral s’insinuait entre les usagers et, pour me protéger de ses attaques, je me cachais sous un pan du manteau de ma compagne, et ainsi, je retrouvais un tout petit peu de chaleur.
C’est loin tout çà! Si loin des présidentielles, des ramages qu’elles entraînent et des espoirs qu’elles suscitent. Pour la circonstance, on a sorti le grand jeu Guignolesque. Ségolène, Jacques, Nicolas et François, s’en donnent coeur joie. Pour une fois qu’ils peuvent se faire entendre sinon écouter, ils ne vont pas rater cette occasion. Mais parmi eux, telle l’étoile du Berger qui resplendit la première dans un ciel étoilé, notre Ségo étincelle littéralement. . Elle est enfin parvenue à la place qui lui convient: telle Jeanne-la-Lorraine, elle va sauver la France, non pas au nom du Sacré-Coeur mais en souvenir de son maître à penser (!) l‘humble bergère... à part qu‘elle ne risque d‘être ni humble, ni en sabot. Elle a trop conscience de sa valeur, juchée sur ses si jolis pieds qui terminent de belles jambes. De son voyage en Chine, nous n’avons pas trop eu droit au récit complet de ses pérégrinations; Nous ne pouvons que regretter qu’au contact des Mandarins, elle ne se soit pas assez méfiée du péril asiatique qui a eu une étrange influence sur elle: elle en a oublié le beau parler de Monsieur Jourdain. J’ai cherché sur mon Petit Larousse, en l’épluchant avec conscience, le mot de « bravitude » qui avait franchi ses lèvres charmantes sans les écorcher et fichtre! je me demande où elle est allée le dénicher... Devant le micro de « M6 », elle a eu ma foi, fière allure. Les deux bras tendus, elle semble dire: « Laissez venir à moi, les petits enfants. » Elle a sûrement attiré les foules en disant: » Plus juste, la France sera plus forte. » En bref, et sans m’étendre sur son discours, disons que la seule issue possible à son sens, c’est le Parti Socialiste, ce qui eut le don d’inspirer Elsa: « Eh bien, la voilà la réponse! Je me demandais à quel parti je vais adhérer à un moment où la Marianne a besoin de tous les suffrages. OK Elle m’a à moitié convaincue. Le malheur c’est que c’est seulement à moitié. Bah! Je vais faire comme l’héroïne de: « Autant en emporte le vent » Je penserai à çà demain.
A chaque jour suffit sa peine et aujourd’hui, j’ai eu mon lot.